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R E N É
P A Q U O T






Dans ses deux premiers films, faits au sein du Groupe Cinéma du Club Antonin Artaud de Bruxelles, René Paquot attaque violemment l'institution psychiatrique, en célébrant la folie et la mettant en images, loin de la dimension bonne enfant de l’art thérapie. Le discours anti-psychiatrique n’est pas ici formulé par un intellectuel ou un professionnel ayant une distance plus ou moins grande avec l’appareil qu’il attaque, mais par un individu directement aux prises avec son pouvoir.
Le ventre, un super-monde développe les obsessions du cinéaste autour de la mère et de la judéité, opposant au discours psychiatrique le débordement d’un monde intérieur, celui du ventre, de la chair, d’un imaginaire lié au ventre maternel. Le texte, en partie lu par l’auteur, est un collage de sources diverses, comprenant entre autres, en plus du matériel original, des textes d’Aragon (Théâtre/Roman), ou des extraits de la revue féministe Les Cahiers du Grif.
Mon Délire, le Saint-Michel s'éloigne du  style allégorique du précédent film pour se


rapprocher du documentaire et s’exprime sur un ton plus directement politique, mettant en parallèle le fou et le révolutionnaire. Sont ici alternées des séquences où Paquot se met en scène dans ses interactions avec un psychiatre, et des images tournées dans des hôpitaux, zoos et abattoirs. Les fous y sont vus comme “des porcs soumis à des vétérinaires sans passion, sans haine, vaguement humanitaires”, et le traitement psychiatrique à base de médicaments et de contention est une négation des "moyens politiques des malades".
J’ai mal à ma maman, réalisé avec l'atelier cinéma de l'école d'art d'Uccle, poursuit trente années après, sur un mode plus fictionnel, les mêmes thèmes, qui sont entremêlés (”Pourquoi tu te crois juif? Parce que j’ai mal à ma maman”) : la mère et la condition fantasmée de juif. Apparaît aussi le rapport aux femmes autres que la mère, dont l’amour porte une note d’espoir finale, rare dans l’oeuvre de Paquot.

B.M.
2019



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  • Le ventre, un super-monde,  1974,  20 min
  • Mon délire, le Saint-Michel,  1975,  18 min
  • J’ai mal à ma maman,  2005,  17 min



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